đŸŽ€ I sing #2 | Neverland

14 Juin 2018


PremiĂšre piste de mon album Ă  venir et la plus compliquĂ©e, Neverland est une chanson que j’affectionne particuliĂšrement. C’est le point de dĂ©part de tout. Il me fallait bien 7 minutes pour m’exprimer sur ce sujet dĂ©licat. 


Cette chanson a Ă©tĂ© trĂšs dure Ă  enregistrer pour moi et ce n’est d’ailleurs pas la version dĂ©finitive que l’on peut entendre dans l’extrait. Me replonger dans mon passĂ© n’est pas facile et en fait je ne veux pas vraiment. Aller de l’avant c’est toujours mieux. Inconsciemment je me bloque et je n’arrive plus Ă  chanter, Ă  faire passer les Ă©motions. Je lutte et ça bloque encore plus alors on s’arrĂȘte, nous finirons l’enregistrement des voix plus tard. 


J’ai toujours Ă©tĂ© attirĂ©e par le Pays Imaginaire. Oui, j’ai un lĂ©ger syndrome de Peter Pan. Et j’ai essayĂ© de rejoindre cet endroit Ă  ma façon




L’histoire



« Il Ă©tait une fois dans notre monde, une fille perdue et seule. Son cƓur était meurtri. » (Traduction Neverland)

#FlashBack : J’ai 17 ans. Je viens de perdre mon petit copain dont je suis trĂšs amoureuse. On ne s’est pas sĂ©parĂ© non, il est simplement parti dans un endroit que certains appellent l’au-delĂ , que d’autres nomment le nĂ©ant et que moi j’appellerai Neverland dans cette chanson. 

« Elle a essayĂ©. Puis elle a commencĂ© Ă  se dire que le seul moyen de survivre Ă©tait de partir
 dans un autre monde. » (Traduction Neverland)

J’ai trĂšs mal vĂ©cu cette perte. L’incomprĂ©hension du « Pourquoi lui ? ». Je suis tombĂ©e tellement vite que je n’ai rien vu venir. Pas envie de parler. Pas envie de me confier. Je prĂ©fĂšre tout garder, intĂ©rioriser. C’est comme ça, c’est de famille. Je me renferme sur moi-mĂȘme. Je dis que ça va, mĂȘme si mon moi intĂ©rieur hurle le contraire. Et au fond, je sais : ça ne va pas du tout. 


Je passe mes nuits Ă  pleurer en regardant la Lune. Pourquoi la Lune ? Je ne sais pas, elle m’apaise. Je dors peu. Je rĂ©flĂ©chis beaucoup. Je lutte contre la culpabilitĂ©. Ce n’était pourtant pas de ma faute. Un conducteur alcoolisĂ© de plus. J’essaie de comprendre. Je ne comprends pas. Je cherche la force de continuer
 sans lui. Je ne sais mĂȘme pas oĂč il est. Je ne sais pas comment faire alors j’écris. Je me dĂ©foule sur mes poĂšmes pour extĂ©rioriser. Ça fait mal. J’écris sur la mort en gĂ©nĂ©ral. J’écris sur sa mort qui me brise. Je m’enfonce. Et de plus en plus j’écris sur ma mort
 C’est peut-ĂȘtre ça la solution ? 


Je n’ai pas peur. J’ai mal. Les questions me rongent. Et ma tĂȘte ne m’aide pas. Trop de maux que je n’exprime pas. Trop de mots qui ne savent me guĂ©rir. Je commence Ă  marquer mes bras. La scarification
 Peu de personnes comprennent et pourtant c’est une maniĂšre d’évacuer. La douleur physique m’aide à oublier la douleur morale pendant un moment. Je suis « bien ». C’est une façade. 

« Pars et ne regarde pas en arriĂšre
 Tu dois partir
 Tu dors  » (Traduction de Neverland)

Il y avait cette petite voix en moi qui m’incitait Ă  le faire. Partir pour ne plus revenir. Et un jour, j’ai tentĂ© de rejoindre Neverland. 


Cette chanson parle d’un voyage dans l’au-delĂ  que beaucoup de personnes Ă©voquent. Je me suis endormie. Ça devait ĂȘtre un sommeil Ă©ternel. Et ce doux rĂȘve a commencĂ©. Ces voix
 comme des guides venus me chercher.

« La Lune est basse ce soir et notre bateau vogue Ă  travers l’ocĂ©an. » (Traduction de Neverland) 

C’est ce dont j’avais besoin : un guide pour m’en sortir. Quelqu’un qui me regarderait sans me juger, quelqu’un qui me comprendrait. Cette sensation de quitter tout ce qui fait mal Ă©tait comme une douce mĂ©lodie Ă  mes oreilles. Et honnĂȘtement, plus rien ne comptait. J’étais seule dans cette tourmente. De la lumiĂšre
 enfin. La fin des tĂ©nĂšbres dans lesquelles je m’étais plongĂ©e. Je vais mieux. Je vais bien. Normal, j’ai quittĂ© Terre et lĂąchĂ© prise
 

« Le navire est parti, nous quittons ton monde  » (Traduction de Neverland)

Puis quelque chose s’est passĂ©. Des questions. Toujours des questions
 Pourquoi faut-il toujours que je me pose des questions ? Ça me rend dingue. Ce cerveau constamment en activitĂ© qui me plonge dans de sombres pensĂ©es me rend malade. 

« Ta vie vaut-elle la peine d’ĂȘtre vĂ©cue ? » (Traduction de Neverland)

C’est une vrai question, n’est-ce pas ? La rĂ©ponse peut faire rĂ©flĂ©chir et faire prendre de « mauvaises » dĂ©cisions. Puis est venu le moment le plus important


« Il est temps de choisir
 que vas-tu faire ? » (Traduction de Neverland) 

Pourquoi revenir ? Encore une question Ă  laquelle il Ă©tait difficile de rĂ©pondre. De nouveau affronter le regard des autres. Essayer tant bien que mal d’accepter. Mais accepter quoi ? Que je ne le reverrai jamais ? Que je ne partagerai plus jamais rien avec lui ? Que je ne pourrai plus jamais me blottir dans ses bras ? Que je vais mal
 tellement mal ? Que je n’ai aucune idĂ©e de comment m’en sortir ? Est-ce que j’ai vraiment envie de m’en sortir ? J’en sais rien, parce que je suis paumĂ©e et j’aimerais vraiment pouvoir dĂ©brancher ce cerveau parfois



Dans tous les cas, ce n’était pas le moment. Je ne regrette pas mon geste (mĂȘme s’il a pu blesser mes proches), il m’a appris Ă  apprĂ©cier la vie d’avantage. Je ne blĂąme pas mon entourage car ce n’est pas de leur faute, ni de la mienne. C’est comme ça. Je ne regrette pas mon passĂ©, il m’a rendu plus forte. Je me suis forgĂ©e une carapace (dont je reparlerai plus tard). 


Je porte encore certaines cicatrices et, parfois, je les regarde et je me souviens de ce voyage. Peu importe que ce soit un rĂȘve ou non, je vis avec cette sensation de l’avoir vĂ©cu. Finalement, il semblerait que Neverland attendra encore avant de m’accueillir


Si tu es familier avec les EMI, saches que c’est ce dont parle cette chanson. 


Si vous traversez une pĂ©riode difficile, que vous vous sentez en dĂ©tresse, que vous vous sentez perdu, que vous arrivez Ă  un point de non retour, ne vous isolez pas. Parlez-en ! Vous n’ĂȘtes pas seuls. Si vous connaissez quelqu’un dans ce cas, n’hĂ©sitez pas. Peu importe ce que vous traversez, vous n’avez pas Ă  le faire seul. Il n’y a pas de honte Ă  se sentir mal et sachez qu’il y aura toujours quelqu’un pour vous : 

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© 2021 - Johanna Zaïre Officiel

AngoulĂȘme, France

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